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  Ghardaïa
 
  Pays
Algérie
 
  Régions
Le M'Zab
PHOTO 1 - PHOTO 2  
    

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Ghardaïa

  • Ghardaïa est une apparition féerique dans un désert que l'on croit ingrat et stérile, mais où les hommes font pousser des édens, au milieu d'un labyrinthe de pierres sans végétation et une eau rare savamment exploitée, et qu'on appelle la Chebka. L'histoire de la région est liée à celle du Kharéjisme et plus particulièrement à la secte des Ibadites. Émigrés au M'Zab à la suite de la chute de l'état rostomide de Tahert, ces "puritains du désert", comme on les désignait autrefois constituent de nos jours une importante confédération religieuse. Les Ibadites ont fondé la ville de Ghardaïa après celle de El-Atteuf et Melika au XIe siècle (1053). On s'accorde à dire que l'appellation de Ghardaïa ou (Taghardaït) en Mozabite provient d'une légende par laquelle ont été associés les termes "Ghar" qui signifie la grotte, et le prénom "Daïa", une jeune femme anachorète qui y vivait en solitaire après qu'elle eut perdu sa caravane. Située dans la vallée du M'Zab sur l'axe nord-sud, la wilaya de Ghardaïa couvre une superficie de 86 105 km2.

    La majorité des terres de la région sont arides, ravinées et rocailleuses.

    Le climat est caractérisé par la sécheresse et d'importants écarts de température entre le jour et la nuit, entre l'hiver et l'été. Les deux activités spécifiques sur le plan économique sont l'agriculture et l'élevage, mais Ghardaïa est aussi la plaque tournante du commerce et de l'industrie saharienne.

Fondation de la ville par des Mozabites

  • En 703, les berbères Béni M'Zab, agriculteurs et éleveurs ont adopté la doctrine dite mozabite. À partir du Xle siècle, la région a connu un véritable développement. Les Mozabites ceinturent alors l'une des collines qui domine l'Oued de remparts, la chapeautant d'une mosquée. El Atteuf, Bounoura et Ghardaïa. Chaque ville est édifiée sur une colline, en hauteur afin d'éviter les rares mais violentes inondations. À cette époque, les Mozabites ont côtoyé les Ibadites d'Isadraten qui leur apprennent peu à peu leur doctrine née quelques siècles auparavant.

    Les Ibadites sont les disciples de l'imam Djabir Ibn Zaïd. Ces derniers ont fui la région après le meurtre d'Ali en 661 et se sont installés en Tunisie. En 777, Ibn Rostom a fondé l'état rostomide à Tahert. Au début des années 900, menacés, ils ont trouvé refuge dans le sud et ont fondé Isadraten, la nouvelle capitale à Ouargla. En 1072, Isadraten a été complètement rasée par les groupes d'El Mansour, un Hammadite de Béjaïa et les rescapés ont choisi le M'Zab. Trois siècles plus tard, les Mozabites fondent Guerrara puis Berriane et d'autres villes sur les collines.

Sites naturels et urbains

  • La vallée de M'Zab : possède un riche passé historique. Afin de préserver cette richesse, l'Unesco a décidé, en 1982 de la classer comme site historique, patrimoine de l'humanité.

    El-Ménia (El Goléa) : Une importante oasis située en bordure de l'erg occidental, sur la route transsaharienne, qui se rattache à la Saoura. Elle abrite un important Ksar qui domine toute l'oasis. Construit aux IXe siècles par les Berbères zenètes, abandonné pendant la guerre, celui-ci est en ruines, mais conserve son authenticité. Il y a également un musée contenant de nombreux fossiles, des pointes et des galets de plusieurs époques paléolithiques et néolithiques.

    Berriane : La ville la plus moderne de M'Zab, située au confluent de deux ravins de l'oued Soudane et de l'oued Ballouh. Ella a été fondée au XVIIe siècle.

    Ghardaïa : La dernière née de la vallée, est la plus connue grâce à son paysage architectural fascinant. C'est une sorte d'enceinte aux rues étroites, voûtées et coupées d'escaliers. Édifiée au Xle siècle, la capitale du M'Zab est bâtie aux pieds des montagnes dominant la vallée de l'oued M'Zab. A Ghardaïa, on peut découvrir la grande mosquée surmontée de son minaret majestueux composé de 114 marches comme les 114 sourates du Coran, l'ancien marché de Ghardaïa (dit Rahba) dans le ksar (vieille ville), la mosquée Ami Saïd (située en sous terrain du cimetière du même nom) et aussi le mausolée de Baba Ouldjemma. et un peu plus loin, la grotte dite "Daya" très vénérée par les femmes Mozabites.

    Béni Izguen : Située sur la rive droite de l'Oued M'Zab, Béni-Izguen est appelée la religieuse et la secrète ; entourée de remparts et fermée par deux portes. Certains de ses quartiers sont interdits aux étrangers. Ses rues sont étroites et montent jusqu'au quartier des Tolbas, où l’on étudie les lois religieuses et politiques de la ville. La place du marché est un pittoresque lieu de rencontre et la tour de guet offre un point de vue admirable sur toutes les autres villes mozabites.

    Mélika : Mérite son nom de reine pour sa grande pureté de lignes et sa couleur uniformément rouge. Le ksar de Mélika-Haut et sa mosquée, le cimetière et le tombeau de Cheikh Sidi Aissa et sa famille et la palmeraie "oasis", avec ses petites ruelles fraîches et ses jardins odorants donnent une image sublime à cet endroit.

    El Atteuf : El Atteuf, dit-on, aurait été la première cité fondée sur l'oued M'Zab. Ayant inspiré de nombreux architectes dont le Corbusier, sa présence altière est annoncée par des plantations de palmiers soigneusement entretenues. C'est une ville millénaire où l’on découvre de belles mosquées, dont les minarets se dressent vers le ciel en rivalisant de majesté.

    Bounoura : La lumineuse, majestueusement campée au sommet d'une falaise escarpée qui s'élève au bord de l'oued. Les palmeraies de la pentapole irriguées par des puits à balancier, ainsi que les jardins entretenus avec art, entourent la ville vivement colorée, aux lignes pures, dominée par des minarets d'inspiration typiquement saharienne et où s'organise une vie sociale très riche.

    Le musée : Au niveau de la ville, celui-ci abrite des pièces intéressantes comportant de nombreux fossiles ainsi que des pointes et des galets, résurgence d'une civilisation néolithique.

    La mosquée Sidi Brahim : Elle est constituée par un ensemble d'arcades inégales, ouvertes à la nature. Elle a plus de sept siècles.

Arts et culture

  • Ghardaia possède un patrimoine considérable en matière de produits d'artisanat dont :
    - le tapis ras, un tapis tissé sur un métier vertical et le fil de laine tassé entre les fils de trame,
    - la "regma" : connu sous le nom de Béni Isguen,
    - le "adjnint",
    - la "regma" d'El Ménia avec la fameuse bande dite de "ma mère"
    - le tapis du "edj'mal" (les chameaux),
    - le hanbel, tapis haute laine dit "zarbia" ou "berbouche" : c'est un tapis fantaisiste. Il y a aussi les costumes en tissage ras, les produits décoratifs réalisés à l'aide de rosés de sables et d'autres produits artisanaux.

Festivités

  • La fête du tapis : organisée au printemps de chaque année (mars-avril): Tapis et expositions d'objets artisanaux, et surtout beaucoup d'animation culturelle.

    La fête locale du Mehri : organisée à Metlili durant le mois de mars ou avril. C'est une fête organisée en hommage au dromadaire.

    La fête locale du vieux Ksar : La découverte des sites et monuments historiques, organisée à la même période que les autres fêtes.
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