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  SOLEX BLEU IV 2005-2006 Expédition Transsaharienne

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L’Indépendant,
Mercredi 1er Mars 2006.
 
Baptême du désert pour le Solex de Jean-Charles,
Céret. Artiste peintre et aventurier, le Cérétan J.Charles Charpentier est parti dans le désert, en Solex. 5000 km de Paris à Tamanrasset sur les trace de son père qui fut méhariste.P.28

Photo de couverture : Devant le panneau de « Tam », Jean-Charles Charpentier et son Solex 3800 après un long périple et quelques péripéties qui ont retardé son arrivée dans le sud saharien. Il s’est rendu jusqu’à l’ermitage du père de Foucault, ainsi que dans un campement de Touaregs.

En Solex jusqu’à Tamanrasset : ca roule pour J.-Ch. Charpentier.

Derrière l’artiste qui expose à la Cappelleta sous le pseudo de « Amilibe », il y a un certain Jean-Charles Charpentier qui a rejoint, il y a peu, Tamanrasset en Solex. L’appel du désert pour ce fils de méhariste. Chapeau l’artiste !

Il ne paie pas de mine comme cela Jean-Charles Charpentier. Avec sa barbichette et sa casquette de Sherlock Homes, son regard un peu suspendu et son parler très posé, il n'a rien du baroudeur buriné ni d'Indiana John. Bref, il échappe au cliché. Et tant mieux. On peut être aventurier sans en avoir la "gueule". Question de tempérament. Et il n'en manque pas, puisqu'il vient de relier Paris à Tamanrasset en Solex, un périple de 5 000 km au pays des Touaregs.

De retour à Maureillas où il habite, Jean-Charles Charpentier revient sur ce voyage à la fois merveilleux, éprouvant et très initiatique, puisqu'il s'inscrivait dans les traces de son père, Christian, qui fut méhariste dans les années 1950-60 dans le désert du Sahara. Et c'est justement avec le Solex de son père, un 3 800 surnommé Tinan pour son expédition baptisée "Solex Bleu IV" (référence à la croisière Bleu 3 à laquelle participa le père) qu'il est parti pour rejoindre l'ermitage de Charles de Foucauld dans le Hoggar.

Des contacts fabuleux

"Les mecs comme toi, j'adore" : c'est ce que lui lança un chauffeur de taxi Porte d'Orléans (il avait fait trois fois le Paris-Dakar) en voyant Jean-Charles passer avec son Solex harnaché de bidons et bagages (60 kg), indiquant visiblement l'intention d'une lointaine destination. C'était le 1er décembre dernier. Le grand départ. Après trois petits tours sur les Champs Elysée, Jean-Charles Charpentier va traverser la France par les départementales. De la pluie et du vent de face. Dur dur ! La nuit à la belle étoile sous une bâche de camion pour s'abriter. Puis 15 à 16 h de Solex par jour. Des moments difficiles. Le froid et la neige sur le plateau des Mille vaches quand il traverse le Massif Central. Des pépins aussi. Un axe de roue arrière qui casse avant Figeac (Lot).

Mais partout où il s'arrête, il trouve la sympathie, l'aide et le réconfort de gens admiratifs pour ce qu'il fait, pour ce qu'il tente. "Les contacts étaient fabuleux. J'ai redécouvert la France de mon enfance, les contacts simples avec les gens, grâce au Solex". Un vrai sésame que cet illustre engin resté cher au cœur des Français. Mais qui va aussi épater au-delà de l'Hexagone.

Bloqué à Oran

Puis c'est l'Espagne où il emprunte les bandes d'arrêt d'urgence des nationales. Il mange peu, souvent la même chose, de la semoule aux bouillons cube. Alors le dîner de mandarines dans les champs de la région de Valence lui revient comme un souvenir sucré et rafraîchissant. Le 13 décembre, il arrive très fatigué à Alicante. Il prend le bateau pour Oran et l'Algérie. "Alors là, j'ai eu un accueil formidable". Toujours ce diable de Solex qui amuse, intrigue, attire l'attention. Sauf que, le voilà confronté avec un problème de réglementation, qui oblige tout étranger qui se rend dans le sud du pays à être accompagné d'un guide d'une agence agréée du lieu de destination. En l'occurrence Tamanrasset Situation compliquée. Une semaine bloquée à Oran pour trouver une solution.

En route pour le désert

"Je ne me suis pas démonté", Il finit par trouver un guide qui convient à la PAF (Police algérienne des frontières) et grâce à la compréhension d'un commissaire de police, il peut reprendre son périple. Le voici aux portes du Sahara, Saïda, Béchar, direction Adrar, lui en Solex, suivi par la voiture de son guide avec deux chauffeurs. Cocasse, mais pour pas très longtemps, car à mi-chemin Jean-Charles se retrouve confronté à un micmac entre guide et chauffeurs qui réclament l'argent du voyage. Et dès qu'ils l'obtiennent, ils font faux bond à Jean-Charles qui se retrouve planté et obligé de poursuivre en bus, son Solex parmi les bagages. C'est le seul itinéraire, soit 1 000 km entre Adrar et Tamanrasset, qu'il ne fera pas en Solex. Le 25 décembre, il arrive à destination où il est accueilli par le père Antoine Chatelard, prêtre de Tamanrasset. Une autre aventure commence.

Avec les frères

Il reprend son Solex et les 80 km de piste (très mauvaise) des montagnes de l'Assekrem pour l'ermitage du père de Foucault où il arrive le 1er janvier. Il y restera cinq jours en compagnie des frères Edouard, Alain et Ventura avec qui il partage les messes et la vie quotidienne. En route, il avait rencontré une équipe de la télé algérienne qui lui vaudra de passer une semaine après au JT de 20 h.

De retour à "Tam" où il a établi de nombreux contacts, il fait la connaissance d'un fils de méhariste, Salah Zaoui, qui va lui faire vivre un moment inoubliable en l'emmenant une semaine dans un campement de Touaregs au Niger pour la fête de l'Aïd El Ke-bir (voir encadré). Nouveau retour à "Tam" où, en dromadaire, il repart dans le désert pour connaître la vie de méhariste, là où "c'est le chameau qui guide la conduite des hommes". Jean-Charles est rentré le 11 février dernier par avion. Son Solex était dans les soutes, en pièces détachées.
Jacques Lahousse

Jean-Charles Charpentier est en train de créer une association d'aide aux enfants du Sahara. Pour se faire, il va mettre son Solex "transsaharien " aux enchères. Il compte repartir en mars prochain à Tamanrasset.

La vie sous la tente
(l'encadré)

"C'était magnifique". Jean-Charles, le chrétien de confession, faisant la grande prière avec les musulmans, pendant la fête de L'Aïd El Kébir : un privilège qu'il a pu partager lors de la semaine que le Français a passée dans un campement de Touaregs à In Abangharit, dans le nord du Niger, à 150 km de la frontière algérienne. Il vit sous la tente, partage le lait de chamelle, apprend ses premiers rudiments de la vie du Saharien et même quelques mots "tamaak" de la langue touareg. Il fera également une virée en 4 x 4 dans le désert pour ramener une biquette au marabout, pour le sacrifice de L'Aïd El Kébir. "La vie sous la tente, c'est de la douceur. Il faut voir la tendresse qu'ils ont avec les enfants", raconte Jean-Charles qui est conscient de la chance qu'il a eue de pouvoir partager un peu de la vie des Touaregs. "J'ai été très bien introduit. Ce qui n'est pas forcément facile".