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La Tefedest

  • «Aller à Mertoutek, seul centre habité permanent du massif, c'est déjà un début d'aventure. La Tefedest n'est-elle pas la région des djenoun (esprits malfaisants), des peintures mystérieuses ? Partout des vallées profondément encaissées entre de hautes murailles abruptes ; deux passages seulement permettent de traverser les crêtes rectilignes et étroites : de simples pistes de chameliers, celle de la Téhé-n-Ouhet, au nord, et la piste Adenek/Mertoutek.

    À 15 km d'Hirafok, sur la route d'Idélès, la piste de Mertoutek (80 km) démarre sur la gauche, plein nord et bien balisée. Sur 30 km, beau reg caillouteux sur lequel on roule à bonne allure. On laisse sur la droite le cratère d'Ouksem où s'exploite le natron (invisible de la piste).

    À 45 km, carrefour bien marqué : à gauche, 60 km pour In-Ecker (bonne piste balisée plein ouest), à droite, Mertoutek en suivant les balises. Nouveau carrefour balisé à 65 km : tout droit, Mertoutek (15 km), à droite, Amguid ou l'Amadror et ses mines de sel.

    Pour atteindre les sites rupestres du Timelaïn, il faut emprunter l'oued Mertoutek, aux sables particulièrement mous : ici un 4x4 est vraiment indispensable. Si une voiture de tourisme pouvait effectuer la première étape du voyage, elle n'arriverait jamais à bout de ce passage-ci. À l'embranchement de l'oued Ahor, des bourricots prennent la relève. Nous transbordons sur leur dos les jerrycans d'eau, les provisions et le matériel de couchage. Abandonnant ici la voiture, nous allons éprouver notre propre endurance.

    En quelques heures nous parvenons au pied du Timelaïn. L'endroit est idéal pour bivouaquer, sur le sable fin de l'oued, à proximité d'une guelta, pièce d'eau stagnant dans un trou de rocher.
    La montée est dure vers le plateau du Timelaïn (1895 m d'altitude). Des peintures représentant des hommes à grosse tête sont mentionnées dans un ouvrage de Frison-Roche. Une rencontre avec un mouflon est dans l'ordre des possibilités ; dans ce cas, mutile de retenir votre guide, qui fera surgir un fusil dissimulé sous sa djellaba; l'arrivée sur le site sera retardée de plusieurs heures. Il faut alors escalader la montagne en quatrième vitesse.

    Le panneau principal se trouve dans un vaste rocher creusé d'alvéoles peintes ou gravées que l'on1 connaît sous le nom d’Ouan-Bouya et qui est l'ancien abri de chasse du célèbre Sidi Bouya qui fut le guide de la mission Coche en 1935. L'inscription «Mission Alpine Française, mai 1935», gravée sur le rocher, rappelle le passage de la mission Coche-Frison-Roche.

    Les peintures se rapportent principalement à l'époque bovidienne (4 000 à 2 500 av. J.-C.). Elles comprennent des bœufs à robe rouge et blanche et aux cornes en lyre et des personnages de deux types : les uns sont rouge clair à tête de chien, les autres rouge foncé et portent une coiffure en forme de marmite renversée.

    Ce site est important en raison de sa situation au centre de toute la région du Timelaïn. On peut facilement y installer un camp de base pour l'exploration complète de la région. Il est accessible pour les ânes et les chameaux et on y trouve de l'eau.

    Outre le Timelaïn, qui comprend 48 sites de peintures et gravures, de nombreuses zones ont été inventoriées dans la Tefedest. Parmi les plus intéressantes : la région de Mertoutek (32 sites), l'oued Ahor (17 sites), le Tilassin (20 sites), l'Ouhet (40 sites). Un inventaire complet a été établi par J.-P. Maître, chargé de recherches au CNRS, dans Tefedest centrale (mémoire du Centre de recherches anthropologiques, préhistoriques et ethnographiques, Arts et métiers graphiques, Paris, 1971).

  • Idélès : Nichées au pied du djebel Taderaz qui culmine vers 1900 m d'altitude, les maisons de terre rouge d'Idélès abritent une population où se mélangent Touaregs, Inadènes (artisans), Harratines, Arabes et aussi d'anciens esclaves.

    En 1962, Idélès servit de centre d'accueil aux esclaves qui se libéraient de la féodalité traditionnelle, aux femmes surtout. Après la période d'appréhension hostile qui suivit leur fuite, leur évasion, il leur arrive aujourd'hui de retourner aux campements de leurs anciens maîtres, et de recevoir quelques chèvres en cadeau ou en remerciement pour leur visite. Les anciennes relations de servitude qui liaient les domestiques à leurs patrons se sont muées en liens affectifs.

    À part quelques marginaux, le nomadisme n'existe quasiment plus autour d'Idélès. Ici aussi, la sécheresse a précipité le processus. Le changement de vie va de pair avec un brassage de population : les Touaregs épousent des Arabes, des Harratines ou même d'anciennes esclaves. Sous l'influence de l'arabisation, coutumes et tabous s'uniformisent : cela est très perceptible lors des circonstances importantes, mariages, répudiations, naissances et surtout fêtes religieuses.

    Le centre de grande activité est l'école, qui scolarise impeccablement les innombrables gosses, espiègles et curieux comme des pies.

    Village paisible et attachant, avec son ruban de palmiers et ses vergers, Idélès semble à mille lieues de l'agitation de Tamanrasset.
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