ACCUEIL CIRCUITS ACCOMPAGNÉS VOYAGES EN INDIVIDUEL VOYAGES A THÈMES SÉLECTION D’HEBERGEMENTS
  Actualités
  Départs garantis
  Conseils aux voyageurs
  Passagers aériens
  Revue de presse

    Galerie photos

  Votre désert
  Tous nos voyages
  Promos-Sable
  Questionnez-vous
  Engagements Erg-Reg
 
  Suivez le guide
  Demande de devis
  Consultez votre devis
  Conditions de vente
  Paiement sécurisé

  Qui sommes nous ?
  Présentation
  Nos valeurs
  L’équipe
  Nos partenaires
  Informations légales
  Dépliant Agence

    Contactez-nous
 > Recherche


 > Commentaires Pays


 > Zone Linguistique
 > Pays de diffusion
  Espace professionnel
  Agences de voyage
  Incentives
  Comités d'entreprises
  Prestataires
  Recrutement
  Tassili de l'Immidir
 
  Pays
Algérie
 
  Villes à visiter
PHOTO 1 - PHOTO 2  
    

  Commentaires


Le Tassili de l’Immidir par Jean-Louis Bernezat,
guide de haute montagne et guide saharien

  • « Horizons de pierres perforées, rongées. Visions de villages fantomatiques aux ruelles ensablées. Tours rocheuses, isolées ou en bouquets, clochetons, gorges étroites au fond percé de marmites gigantesques emplies d'eau. Paysages tranchés de canyons vertigineux aux parois qui se resserrent en gorges encombrées de rochers roulés par les crues furieuses d'oueds dont il est parfois difficile, même à sec, de remonter le lit. Ahohar, Ti-n-Senko, Tafarakrak... Des noms au parfum d'aventure et aux sonorités étranges pour désigner des lieux qui ne le sont pas moins, clés magiques d'un monde encore peu connu : le tassili de l'Immidir, dans le grand Sud algérien. Terre ancestrale et propriété absolue des tribus touareg, le mouflon en foule les cimes et le guépard s'y aventure pour traquer l'âne sauvage et le chamelon. Dans les abrupts spectaculaires de ses falaises de grès sommeillent des grottes, envahies de pénombre, aux parois couvertes de scènes de chasse, de bataille, de campements et de troupeaux datant de la préhistoire. Dans ces monts oubliés, l'aventure des hommes s'offre depuis la nuit des temps comme un livre ouvert. »
  • « Sauvage, loin de tout, le cœur de l'Immidir compte parmi les régions les plus difficiles d'accès du Sahara. Cette immensité de falaises de grès désertiques coupées de canyons vertigineux et d'infinies étendues noires fait partie de la ceinture de plateaux qui entourent le massif volcanique du Hoggar. Situé entre l'Ahelekan, à l'est, et l'Ahnet, à l'ouest, l'Immidir est, après l'Ajjer (haut de 1 881 mètres), qui se dresse à la frontière algéro-libyenne, le plus élevé des massifs tassiliens (1 684 mètres). Le bassin d'In Salah le limite au nord, et la route transsaharienne traverse sa pointe occidentale au niveau des célèbres gorges d'Arak, à 350 kilomètres au nord de Tamanrasset. Le tassili de l'Immidir est disposé en deux « chaînes » d'escarpements parallèles, dites tassili interne et tassili externe, séparées par un large sillon dans lequel passent aisément les pistes chamelières. Si le tassili externe, lui, est facile d'accès, celui qualifié d'interne ne l'est pas du tout. Sur le versant de ses falaises aux reliefs spectaculaires, les anciennes pistes, abandonnées depuis longtemps par les nomades, ont été emportées par les pluies, et ni les chameaux ni les ânes n'acceptent de s'y aventurer. Pour les Touareg, l'Immidir ne fait pas partie du Hoggar. Les géographes européens, en revanche, l'y ont annexé. Il fait partie du parc national de l'Ahaggar, créé en 1987.

DES GROTTES INCONNUES

  • Que savais-je de l'Immidir en 1982, lors de ma première traversée à chameau de Tamanrasset à In Salah ? Bien peu de choses, si ce n'est que deux colonnes de l'armée française s'étaient arrêtées au puits d'Ahohar en 1902 pour y abreuver leurs montures. Ce que je fis également. Là, en bavardant avec les Touareg, j'appris que le pays appartenait, aujourd'hui comme dans les siècles passés, à la tribu des Issaqamaren rattachée au tobol (tambour de commandement) des nobles Kel Rela. On me dit que l'on y rencontrait de plus, au hasard des oueds, quelques campements de la tribu maraboutique des Iforas, et, à l'ouest, des campements de Kel Anhet, avec qui les propriétaires du sol avaient souvent des différents pour des affaires de vol de chameaux. Et puis, on me dit aussi qu'il y avait dans ces falaises escarpées des abris sous roche décorés de peintures. « Comme à Tamrit, au-dessus de Djanet », me précisa-t-on. D'après les descriptions, il semblait bien s'agir d'œuvres préhistoriques... Qui le savait, sinon quelques Touareg qui n'avaient aucun intérêt pour ces œuvres peintes et éprouvaient pour leurs auteurs, les Issabaten, un mépris condescendant. Et les archéologues ? Non, il n'en venait pas. Cependant, un ancien se souvint que des Français étaient venus ramasser des cailloux en 1943. L’amenokal, « possesseur du pays », le chef suprême de l'époque, avait donné l'ordre de les accompagner. Ils s'étaient contentés de suivre les vallées, sans demander à monter sur les plateaux. Enquête faite, les savants de l'Institut de recherches sahariennes d'Alger avaient en effet effleuré la zone à deux reprises dans les années 1943-1955. Mais aucun préhistorien ne s'était aventuré dans le massif. Mon intérêt pour cette région n'en devenait que plus grand. Il faudrait des années, me dit-on, pour découvrir toute la région. Vingt ans après, je l'explore toujours.

HOMMES DE L'ÂGE DE PIERRE

  • Nos guides issaqamaren nous menèrent donc, au début de l'année 1983, à nos premiers abris peints. Sous nos yeux, qui s'accoutumaient progressivement à l'obscurité après l'éblouissement extérieur, se discernaient des lignes ocrées qui se révélaient petit à petit être des chasseurs, des girafes, des bovidés... Des scènes ténues, parfois à demi effacées, surgies de la préhistoire et devant lesquelles, étreints par l'émotion, nous retenions notre souffle. Visions extraordinaires qui devaient marquer le début d'une exploration systématique de ce massif dont les itinéraires, au fil des ans et des expéditions, dessinent aujourd'hui sur mes cartes de véritables toiles d'araignée. Dès lors, avec Odette, ma femme, et une poignée d'amis passionnés, nous partîmes plusieurs fois par an — parfois même en été ! — passer au peigne fin oueds et falaises pour repérer ces précieuses peintures. Très vite, l'indifférence des Touareg pour ces signes venus du fond des âges se mua en un vif intérêt qui, dès les premières explications, les transforma, avec nous, en inlassables découvreurs d'abris. Nomades comme leurs lointains prédécesseurs, ils posaient d'instinct les pieds dans leurs traces et comprenaient tout de suite où pouvaient se trouver les peintures, surpris d'en découvrir dans des grottes où ils avaient déjà séjourné. Leurs enfants, leurs parents se mirent eux aussi à chercher pour nous et à nous signaler leurs trouvailles. Nous allions à pied sur des pistes inaccessibles aux chameaux, portant des sacs d'une quinzaine de kilos, pour un, deux ou trois jours avant de retrouver la caravane. Il fallait parfois — comme lors d'une expédition particulièrement dure, en février 1993 — s'encorder pour parvenir à franchir en toute sécurité les passages les plus délicats. Nous visitions tous les abris, avec de temps à autre, chaleur et fatigue aidant, la tentation d'en oublier quelques-uns... Mais la passion était la plus forte, et nous prenions le temps de nous habituer à la pénombre afin d'examiner chaque détail d'une avancée rocheuse avant de l'abandonner. Et, parfois, quelle récompense !
SUITE
< Region Tassili n'Ajjer   Region Assekrem >