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Ouargla | Touggourt
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Grand Erg Oriental et Souf

  • Le Grand Erg Oriental (190.000 km2), deux fois plus grand que le Grand Erg Occidental, est occupé à plus des deux tiers par une immense mer de sable. Il se trouve à l'est de l'Erg Occidental dont il est séparé par un haut plateau pierreux ; il est délimité au nord-est par les monts des Ksour en Tunisie, au sud par le haut plateau du Tademaït et au sud-est par la hamada de Tinrhert. Cette partie du désert saharien est caractérisée par d'abondantes dunes de sable et des conditions climatiques extrêmement sévères. La hauteur des dunes augmente sur les pourtours et à la lisière avec la hamada Tinrhert. Les rares traces de végétation se concentrent dans de petites oasis situées au périmètre du désert ; parmi les plus grandes, on trouve au nord celle de El Oued.


Souf, région du nord-est du Sahara Algérien

  • Les oasis du Souf sont dispersées dans une région s’étendant au sud de Biskra depuis la dépression du chott Melrhir jusqu’aux dunes annonçant le Grand Erg oriental, entre Touggourt à l’ouest et le chott el-Djérid en Tunisie. Elles sont établies dans des cuvettes où l’eau de la nappe phréatique peu profonde est utilisée par le creusement de ghouts, entonnoirs profonds de 6 à 12 m au fond desquels les palmiers-dattiers sont plantés.

    Le palmier-dattier est un grand palmier de 15 à 20 m de haut, au tronc cylindrique, le stipe, portant une couronne de feuilles. Les feuilles sont pennées, finement divisées et longues de 4 à 7 mètres. L'espèce est dioïque et porte des inflorescences mâles ou femelles, appelées spadices, enveloppées d’une très grande bractée membraneuse, la spathe. Les fleurs femelles ont trois carpelles indépendants, dont un seul se développe pour former la datte. Les fruits, les dattes, groupées en régimes, sont des baies, à chair sucrée entourant un « noyau » osseux qui est en fait la graine. La pollinisation se fait par le vent (anémophilie) ; cependant, en culture, le nombre réduit de palmiers mâles (en Algérie, où ils sont appelés dokkars, on en compte souvent un pour 100 pieds femelles) oblige à pratiquer une pollinisation artificielle.

    Outre l’importante production de dattes, conditionnées dans des unités modernes à El-Oued, la ville principale, les oasis produisent des légumes primeurs. La fabrication de tapis est liée à l’élevage (moutons, chèvres et chameaux) et le tabac est également cultivé dans la région de Guémar.

    Peuplé de Berbères zénètes et de populations arabisées à la suite des raids des tribus Banu Hilal, envoyées dans tout le Maghreb au XIe siècle par les Fatimides, le Souf voit sa population croître rapidement depuis l’indépendance, mais nombre de ses habitants ont, depuis lors, été contraints d’émigrer. Guémar a été l’un des centres de la confrérie Tidjaniyya, qui y établit une zaouïa (centre d’enseignement religieux) en 1794 et soutient les Français au début de l’occupation de l’Algérie.


Le palmier, source de vie

  • «La datte serait originaire d'Irak, elle s'appelait deschla, de là elle passe en Egypte sous le nom de deglat. Elle arrive dans le Djerid et devient la célèbre deglet nour, exportée partout dans le monde. Le palmier demeure, d'un bout à l'autre du Sahara, la vie même : ses fruits nourrissent hommes et animaux, on utilise son bois pour la construction, ses fibres pour tresser des cordes, ses palmes pour fabriquer couffins et paniers. Enfin, on saigne le palmier à la base des feuilles pour que s'écoule la sève, le lagmi. Frais comme un jus de fruit, le lagmi se transforme vingt-quatre heures plus tard en « vin de palme » capiteux. Si vous voyez des « gargoulettes » accrochées aux troncs, voilà l'explication. Au cours de votre promenade, vous ne manquerez pas de rencontrer, cruche à l'épaule, un petit vendeur de lagmi.

    Le palmier vit de 150 à 200 ans et porte des dattes à partir de 5 ou 6 ans. L'âge du palmier se calcule aisément, trois étages de palmes coupées correspondent à une année : avec une bonne calculette et une paire de jumelles, on y arrive sans peine... La récolte varie entre 30 et 100 kg par arbre, et peut parfois atteindre les 150 kg. La récolte des dattes s'étale d'octobre à novembre. Les dattes se conservent en pâtes dans les jarres avec un peu d'huile. Depuis quelques années, les cultivateurs ont pris l'habitude de protéger les régimes de dattes contre la pluie en les enveloppant dans un sac plastique. Par hectare, on dénombre dans l'oasis de Nefta 290 pieds, dans la Corbeille, plus irriguée, 445 pieds. La tendance actuelle est d'accroître le nombre de palmiers deglet nour  ou  « doigts de lumière», dont les dattes sont presque transparentes tant elles sont dorées ; ce sont les plus commerciales. Leur proportion est d'environ 1/5. Jadis l'ouvrier agricole préférait planter des espèces plus communes, les ftîmi ou alig, car il touchait 1 /8 de la récolte, contre 1 /60 seulement de celle des deglet...»

    Textes extraits du livre « SAHARA guides bleus évasion »
    Editions Hachette mars 2004

Le palmier, roi des Oasis

  • Sa silhouette est l'emblème des déserts. Il signale la présence de l'eau et prodigue aux hommes ses multiples bienfaits.

    Utilité du palmier : Le palmier dattier est vénéré par les habitants de ces contrées car son utilité ne s'arrête pas à la production de dattes. Son bois est utilisé pour couvrir la toiture des maisons. Ses jeunes palmes encore blanches sont utilisées pour fabriquer des paniers, des nattes, des éventails et des couffins. Ses palmes mortes servent comme haie de jardin, ou barrière anti-ensablement ou à faire du feu chez les boulangers, les potiers et les briqueteries artisanales. Son jus "legmi", se boit frais comme sirop ou fermenté comme boisson alcoolisée. Les dattes. Il existe plus de trois cents variétés de dattes dont la célèbre Deglet-Nour. Mais seules trois sont commercialisées : Deglet-Nour, Ftimi et Akhouat. Les autres se conservent mal et sont destinées à la consommation locale. Deglet-Nour qui existe aussi en Algérie et aux USA, en Californie, Arizona et Texas, est la reine des dattes. De couleur dorée, elle est très délicieuse et se consomme comme un fruit.

    Au début du siècle les Américains se sont aperçus que le climat de la Californie, de l'Arizona et du Texas est semblable à celui de L'Afrique du Nord. Ainsi ils ont importé une quantité de palmiers à titre expérimental. Et ils ont réussi puisque les US produisent actuellement des dattes de bonne qualité dont Deglet-Nour. À la fin du siècle dernier ils ont emmené en Amérique deux frères de Nefta dont le métier était métayer de père en fils, pour leur apprendre l'art de cultiver le palmier dattier. Ces derniers ne sont jamais revenus.

    L'eau : Comme nous l'avons dit le palmier aime l'eau et la chaleur. Deux conditions difficiles à trouver dans une région aussi aride. Là où il y a de l'eau il y a des oasis. Autrefois les sources sortaient naturellement du sable et formaient des rivières pour irriguer les palmeraies. Aujourd'hui la plupart des sources tarissent et sont remplacées par des sondages.

    La culture du palmier : Les noyaux de palmiers semés, deviennent des palmiers. Mais jamais les palmiers auxquels on s'attend. Pour reproduire un palmier tel Deglet-Nour, à titre d'exemple, il faut couper les rejets (les petits palmiers qui poussent sur le tronc de la mère) de leur mère et les replanter ailleurs. Cinq ans après, ils commenceront à produire des dattes de la même variété que leur mère. C'est le secret que les américains sont venus chercher.

    Les palmiers sont plantés selon deux conceptions : Soit en ligne, dans les nouvelles oasis, en gardant 8 mètres de distance entre chaque palmier, soit selon la méthode ancestrale, dans les anciennes oasis, en disposition serrée. La première a l'avantage de permettre la production de dattes de grand calibre, mais malheureusement exige beaucoup d'eau car la terre reste à nu entre les palmiers ce qui favorise une évaporation rapide. La méthode ancestrale consiste à planter les palmiers serrés les uns contre les autres et en plaçant des arbres fruitiers à grand feuillage, tels : figuier, pêchers, abricotiers, grenadiers entre celles-ci, permet un ombrage suffisant pour permettre à la terre de garder son humidité pendant plusieurs jours même en plein été.

    Le palmier demande peu d'entretien : Le printemps est la saison de la pollinisation qui consiste à extraire le pollen des palmiers mâles pour les poser sur les régimes des palmiers femelles. Un palmier mâle peut fertiliser jusqu'à 50 palmiers femelles. On met à profit cette opération pour débarrasser l'arbre de ses palmes mortes. La cueillette des dattes se fait en automne et au début de l'hiver. Le travail de la terre se fait en hiver. Chaque année on travaille le quart de la plantation. L'utilisation du fumier comme engrais est la règle.

    Sous les palmiers : Les surfaces entre les palmiers sont utilisées pour faire de l'agriculture : tomates, carottes, poivrons, piments, oignons, épinards, cambons, salades et divers légumes verts. Comme les oasis de cette région sont au bord du chott, la terre contient du sel. L'antidote a été trouvée par les anciens. Il suffisait de mélanger la terre avec du sable des dunes pour réduire le phénomène. Le résultat est au dessus de toute espérance puisque le peu de sel restant donnait aux aliments une saveur particulière, très appréciée par tous ceux qui ont visité cette région. Le même phénomène se produit avec la viande de mouton car celui-ci est habitué à brouter l'herbe quelque peu salée.